Elisabeth d’Autriche, dite Sissi, à Sassetot en 1875

Elisabeth, Impératrice d’Autriche, plus connue sous le nom de Sissi, est venue au château de Sassetot-le-Mauconduit, en Haute-Normandie, pendant les mois de juillet et d’août 1875.

D’aprés « La Chronique de nos jours » d’Ernest Daudet et avec l’aide de Madame Marie-Thérèse Denet-Sinsirt, auteur du livre, Sissi à Sassetot-le-Mauconduit (éditions Gilles Galas, avril 2003), nous vous faisons revivre ce souvenir qui reste cher au coeur des Sassetotais. Vous pouvez également consulter l’archive du site internet créé en 2004 pour soutenir l’association « Le Domaine de l’Impératrice ».

Sissi imperatrice d'Autriche
Mme Marie-Thérèse Denet-Sinsirt nous a aimablement procuré ce très joli portrait de Sissi, probablement plus proche de la réalité que les portraits officiels.

En cette année 1875, les médecins de la cour d’Autriche consultés sur la santé de l’Impératrice avaient conseillé un séjour au bord de la mer sous un climat tempéré, en France de préférence, et autant que possible dans un pays frais et boisé. Il parait que la Normandie réunissait ces conditions et le consul autrichien à Fécamp fut chargé de trouver une installation pour sa souveraine. À peu de jours de là, il proposait de louer pour elle le château de Sassetot le Mauconduit. On l’autorisa à signer le bail.

Le village domine des bois qui descendent vers la mer. Du sommet sur lequel s’élève le château, on découvre à travers les arbres l’immensité des flots et le hameau des Petites Dalles construit sur leurs bords. Le château, vaste bâtiment en briques date des premières années du siècle (1805 environ). il fut construit par le Marquis de Martainville, pair de France sous la Restauration. En 1875 son petit fils le Marquis de Bois Hébert le vendit à un armateur du Havre Monsieur Albert Perquer qui le loua pour l’Impératrice.

Madame Marie-Thérèse Denet-Sinsirt nous précise que le docteur Widerhofer, médecin de la Cour Impériale, avait en fait conseillé l’air iodé de la mer pour l’Archiduchesse Marie-Valérie.

Elle y arriva le 31 juillet 1875 avec sa fille, la petite Archiduchesse Valérie qui avait 8 ou 9 ans, et une suite d’environ 60 personnes. Le lendemain, elle descendait aux Petites-Dalles où elle devait prendre les bains de mer qu’on lui avait ordonnés… Madame Marie-Thérèse Denet-Sinsirt précise que l’Archiduchesse Marie-Valérie avait en réalité 7 ans et que la suite se composait de 70 personnes.

Ce petit pays n’était pas encore ce qu’il est devenu depuis. On y trouvait plus de chaumières que de villas, et sa population très peu nombreuse, se composait surtout de pêcheurs. Cependant quelques parisiens venaient déja y passer la saison.

Ernest Daudet arriva sur la plage où les curieux se pressaient. Il vit l’Impératrice sortir de l’eau, svelte et rieuse (elle avait alors 39 ans), marcher un moment pieds nus sur les galets au bras de la femme du maître baigneur, et disparaître sous un couloir en toile qu’on avait dressé entre l’eau et la cabine qu’elle gagnait ainsi sans être poursuivie par les regards indiscrets. (Voir note en bas de page). Durant son séjour de 2 mois elle prit ainsi 32 bains qu’elle paya d’ailleurs royalement trois mille francs.

Elle faisait de fréquentes promenades en mer, quelquefois sur un yacht mis à sa disposition par un riche rouennais, mais le plus souvent dans une petite barque, et seule avec le fils du maître baigneur, un garçon de 14 ou 15 ans, auquel elle se confiait préférablement à tout autre pilote. Autant qu’elle le pouvait, elle supprimait les formalités de l’étiquette ; longues promenades à cheval, toujours seule, au grand désespoir des fonctionnaires de sa cour que l’Empereur avait rendu responsable de sa sûreté.

…Un jour, on la retrouva dans un champs où l’on était en train de traîre les vaches, faisant la causette avec la servante de la ferme, buvant à même le seau rempli de lait.

…Une autre fois, perdue, elle demanda son chemin à un vieux prêtre.

L’Impératrice quitta Sassetot le 30 septembre, trés généreuse pour tous, laissant un trés bon souvenir. Le Maître Baigneur Delahaye Benoni se noya l’année suivante en portant secours à un nageur en péril et l’Impératrice s’inscrivit pour une somme importante en tête de la souscription ouverte au profit de la famille.