Le Pays de Caux est constitué d’un plateau sédimentaire datant du Crétacé supérieur (en vert sur la carte), c’est-à-dire de la fin de l’ère secondaire (de 100 à 65 millions d’années).
La craie est l’élément prédominant de son sous-sol. Le dictionnaire de géologie de A. Foucault et J.-F. Raoult nous en donne la définition suivante :
Du latin creta, craie ou glaise, la craie est une roche sédimentaire, marine, calcaire (90 % ou plus de CaCO3), à grain très fin, blanche, poreuse, tendre et friable, traçante. Elle est formée pour la plus grande part d’une accumulation de coccolithes (pièces calcaires de 2 à 10 microns de végétaux unicellulaires, les Coccolithophoridés) et contient souvent des foraminifères planctoniques (Hedbergelles, Globotruncana)…
Les foraminifères planctoniques, d’après les genres et espèces rencontrés, permettent de dater les couches calcaires, parfois à 200 000 ans près.
La craie contient des silex répartis en couches horizontales. Ce même dictionnaire nous donne la définition suivante du silex :
Mot latin de signification analogue, roche siliceuse constituant des accidents dans des couches calcaires, formée de silice (calcédoine, quartz, un peu d’opale) d’origine biochimique, précipitant dès le début de la diagenèse dans le sédiment encore meuble. Ils sont de forme irrégulière : en rognons, en tubercules, en colonnes, en couches, en réseau, en filons. On distingue généralement deux parties : un coeur ou noyau plus sombre, gris ou noir, et un cortex plus clair. La croissance du silex se fait de manière centrifuge, c’est la partie externe qui est la moins évoluée et la partie interne qui est la plus évoluée. Les silex sont parfois en lits continus, mais plus souvent en rognons disséminés ou groupés en niveaux parallèles à la stratification (par exemple dans la craie). Le silex est une roche dure, à grain très fin (calcédoine et quartz cryptocristallins, sans grains détritiques), jaune clair, brune à noire, à cassure lisse et conchoïdale, à éclat luisant ; les éclats de silex sont à bords aigus et translucides. La limite avec le calcaire (ou la craie) est bien tranchée, et les rognons s’en séparent souvent aisément…
Certains organismes sont capables de précipiter et de fixer la silice pour la construction de leur squelette (silicoflagellés, radiolaires, diatomées, éponges). Dans le bassin de la craie, ces animaux ou végétaux devaient proliférer et ils ont vraisemblablement contribué à enrichir la boue crayeuse en silice amorphe. A leur mort, la stabilité de la silice n’est plus assurée et la silice dissoute enrichit l’eau interstitielle. Les couches de silex sont liées à la rythmicité des dépôts crayeux. Dans certaines formations rythmiques, les silex se cantonnent dans la moitié supérieure de la séquence élémentaire (20 à 40 cm).

La craie est formée à 90 % de Coccolithophoridés, végétaux unicellulaires très petits (2 à 10 microns) aux squelettes calcaires.
Elle contient en petites quantités des foraminifères planctoniques qui permettent de dater les couches géologiques.

Ici un globotruncana (De : Treatise on Invertebrate Paleontology, Moore Editor, University of Kansas 1964, C661)
Le silex s’est formé à partir de tests siliceux d’organismes unicellulaires microscopiques (aux alentours du micron) animaux ou végétaux :
– Parmi les végétaux, exemple de diatomées marins :



- Parmi les animaux, exemple de radiolaires :




On reste confondu devant la beauté et la variété du squelette de ces organismes unicellulaires !
Michelle Caralp, Jacques Destombes et Jacques Lucas

